Une tempête dans ma tête… et dans mon corps!

Je t’ai déjà dit à quel point je suis quelqu’un qui ressent tout. Semble que certaines personnes ressentent plus les émotions que les autres. On dit que ce sont des personnes très près de leurs émotions, hyper connectées. Au premier regard, on pourrait penser que c’est positif et même que ce soit une qualité. Mais comme toute qualité, elle peut aussi devenir négative ou apporter son lot de difficultés. Quand, dans mon bureau, je rencontre des personnes très stressées, je ressens une sorte de décharge électrique dans tout mon corps. Je deviens hyper fébrile et agité. Mon débit de voix s’accélère et j’ai l’impression de courir un marathon…dans mon bureau! Je peux te dire que j’en ressens des sensations physiques désagréables!

Qui vit ça? Je ne suis pas la seule. Une grande majorité de personnes sont plus sensibles à certains de leurs sens (visuel, auditif ou kinesthésique). Je pensais que j’étais visuelle mais je crois être kinesthésique. En fait dans la vie, nous naissons avec un sens plus développé qu’un autre. On dit souvent qu’on est visuel ou auditif mais il existe aussi des gens kinesthésiques. Mais c’est quoi ça? Il s’agit d’un « mode de communication » plus développé chez certains individus où les sensations corporelles seront plus fortes ou plus développées. Ils vivent, ressentent les « mouvements » ou les émotions par leurs sens tels le touché, l’odeur et le goûter. Les sens physiques sont plus sollicités et la mémoire imprime ces sensations dans le cerveau.

Tu comprends peut-être déjà où je m’en vais avec mes bottines. Imagine-toi alors être dans ta cuisine. Ton enfant arrive de l’école, frustré ben raide et déverse sa colère, son irritation en parlant fort, presqu’en criant. Tu n’étais pas là quand il a vécu sa grande querelle avec son ami, qui n’est plus son ami… sûrement jusqu’à demain. Parce que tous les enfants que je connais, ils sont amis un jour et ennemis l’autre jour… pour revenir amis après. À un moment donné, la mère en moi décroche. Mais bon, on revient à notre histoire que ton enfant est dans la cuisine et s’énerve en gesticulant comme un épouvantail (Je sais que ce n’est pas supposé bouger un épouvantail mais, je trouvais ça bien l’image de l’épouvantail tout déglingué et donc d’imaginer ton enfant avec ses cheveux en bataille comme un chasseur d’oiseaux empaillé). Mais continuons sur mon explication de kinesthésie pour te faire comprendre ce que je vis à l‘intérieur de moi. C’est énorme au niveau de toutes mes sensations physiques et de mes émotions. Donc, si j’étais à ta place et que c’était mon enfant qui était dans cet état, sa décharge de frustration et de colère, je la vivrais, je la ressentirais énormément, intensément, finalement, beaucoup trop.

En fait, ce qui se passe dans ces cas-là, c’est qu’à mon tour je deviens dans la même énergie que lui et que, finalement, je finis par m’emporter à mon tour. Imagine alors la scène, mon enfant qui s’agite et, à mon tour, moi qui m’agite! Belle tornade de frustration mais surtout superbe ambiance familiale!

Quand je vivais ça, parce que je ne le vis plus aujourd’hui, je disais que je vivais une sorte de tempête dans ma tête, mais aussi dans tout mon corps finalement. Ce n’était pas cool du tout. C’était même extrêmement épuisant.

Est-ce que ça t’est déjà arrivé de vivre ça? Avant, je le vivais beaucoup trop souvent. Ça m’arrivait autant au travail, qu’avec des amis. Me faire dire « calme-toi, lâche prise » je veux bien mais je n’étais pas capable de changer ma « vibe » si facilement. En fait je ne savais pas comment. Pire encore, je trouvais ça encore plus insultant de me faire dire d’arrêter de me prendre la tête. Tu peux imaginer la suite, moi être capable de me contrôler… il a bien fallu. Je ne sais pas si c’est l’âge, les expériences de la vie, ou les bonnes personnes que j’ai croisées, mais j’ai fini par être capable de changer ma surcharge émotionnelle et de ne plus vivre cette tempête d’émotions dévastatrice. Ce n’est pas parce qu’on ressent tout très fort qu’on ne peut pas être capable d’apprendre à s’autogérer. Il existe des solutions, j’en suis la preuve vivante. Je peux dire qu’aujourd’hui j’arrive à me distancer, me « reculer » des situations et des émotions afin d’avoir une meilleure vision de ce qui se passe et de ne pas sur réagir.

Apprendre à lâcher prise, c’est le terme à la mode mais c’est nécessaire pour vivre en paix et sereinement. Ça aide à conserver des bons liens sociaux mais surtout à ne plus s’épuiser dans la vie à essayer de trop vivre d’émotions. Tu sais, ce n’est pas nécessaire de tout ressentir super fort tout le temps. On n’a pas besoin de ça pour se sentir vivre. On vit heureux quand on est « groundé » sur le vrai, sur l’essentiel mais surtout, quand on est capable de décoder nos émotions tout en douceur.

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